JOURNEY TO JAPAN   -   Poruno no joo : Nippon sex ryoko
 
Annee
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1973
1h12
Ichiro Araki – Christina Lindberg – Masaji Arikawa – Yurie Hidaka – Takuzo Kawatani …

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Critiqué par fear le 15/06/2009 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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« Journey to Japan » montre le nouveau décollage de Lindberg qui ne traverse pas l’Atlantique mais bien le Pacifique pour être aux mains des obsédés nippons. Pas virulent pour un sou et trop stéréotypé dans ce qu’il y a de plus vil et de kitch, le renfermé extériorise ses pulsions sur la jeune femme qui succombera évidemment au pouvoir du mâle. Un film qui ne s’envole jamais - mais alors jamais -, un comble pour son actrice et atout principal …
 
Epris de la fibre yakuza et de la fibre sexy, Nakajima dégote tout de même une des héroïnes du film érotique, la suédoise Christina Lindberg qui retrouve une nouvelle fois le Japon, après le classique « Sex and fury » (1973). Les non-initiés à la culture déviante nippone, se souviendront – s’ils ont été curieux – de « Thriller, a cruel story » (1974) qui l’a élevé au rang de mythe du film de genre.

Bien entendu des voix s’élèveront pour assurer : C’est prévisible, c’est un coup publicitaire visant à vendre de la péloche bas de gamme. Certes, les espoirs étaient minces que l’exploit du métrage de Norifumi Suzuki se reproduise. Mais bon on fait confiance à Christina pour relever le défi.
Etonnamment il s’agit d’un projet de la Toei et non de la Nikkatsu. La limite de la réputation des studios voit encore une fois le jour.

LE NOUVEAU EROS

L’arrivée de l’occidentale de service dans un film polisson n’augure en général rien de bon pour ses petites fesses. En effet, il y eut toujours dans le cinéma rose des années 70-80 au Japon, une tendance à diaboliser l’ennemi venu de l’ouest – probable assimilation aux américains – mais également à voir en ces femmes, des objets de convoitise faciles à prendre comme objet pur et simple au cinéma. Si un jour votre douce vous dit qu’elle part à Tokyo prévoyez bombe lacrymo, batte télescopique ou encore tranquillisants pour chevaux … parce qu’à en juger par leur septième art, ils ont un souci de braguette récurrent.

Comme beaucoup le jeune homme est timide et n’arrive pas à séduire. Il tente de se nourrir de ce qu’il voit, entend, ressent mais rien n’y fait. Il voit donc comme un cadeau du ciel l’erreur de véhicule. Lui qui était si maladroit et discret quand il draguait se révèle plus sur de lui, probablement parce qu’ils ne parlent pas la même langue et qu’il a donc moins de tensions vis-à-vis du jugement.

Comme tout pinku SM qui se respecte – ou pas d’ailleurs -, la romance naît après viol, bondage et tout le toutim. Très soft par rapport à la concurrence, il ne privilégie que les quelques accès retors de ce type de personnage : L’utilisation de la corde et de la privation de liberté de la femme, les photos souvenirs – le japonais est fétichiste apparemment -, le débarquement impromptu de Cupidon …
Pour les habitués, le rythme manque, tout comme l’inventivité. Tout est misé sur le casting féminin unique. Une sorte de coup d’épée dans l’eau absolument pas métaphorique.

EROS RAMASSE AUSSI … MAIS MOINS

Alors le pseudo-héros – personnage central à la morale souvent douteuse – auquel doivent s’identifier une part des insulaires asiatiques est le bourreau, et dans une moindre mesure un amoureux et une victime.

C’est là le point névralgique du procès d’intention. Il la viole mais bon c’est moins grave que les bourrins qui le feront plus tard dans le film, car c’est un cas à part. Peu de rapports consentants, c’est triste. Surtout que les tests de gros plans sur un des rares vrais moments intimes avaient quelques attraits : jeu sur la lumière qui met en exergue la sueur, promiscuité des membres … On ne dira pas que c’est intéressant mais c’est toujours mieux que les autres frivolités.

Pour meubler – oui en une heure 12 minutes, le cinéaste a du meubler, c’est dire -, Nakajima tente quelques parades humoristiques comme dans la description de cet être solitaire et soumis aux problèmes d’abstinence. C’est un peu pour justifier la suite et faire passer la pilule mais cela a le mérite de divertir – parfois -.
Ah oui, il y a une intrigue autour du paquet. Alors on s’en fout complètement Nakajima comme le spectateur. Ca arrive comme un cheveu sur la soupe pour apporter un dénouement et c’est à peu près tout.
Le pépère nouvellement amoureux – il apportera même des fleurs – va se faire taper dessus et forcément sa nouvelle chérie voudrait le défendre. Manque de bol, les producteurs n’ont payé que pour une certaine durée et le générique arrive lancé au grand galop.

Pour son nouveau voyage, appelé avec beaucoup de classe et de mensonge « The pornstar travels around Japan », Christina met en avant ses charmes pour pas grand-chose. Lent, peu choquant et peu érotique finalement, le film tourne dans le vide et le kitch.
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