LA BELLE VERTE
 
Annee
Duree
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1996
1h39
Coline Serreau – Vincent Lindon – Marion Cotillard – James Thiérée – Philippine Leroy-Beaulieu – Yolande Moreau – Patrick Timsit – Denis Podalydes – Claire Keim – Armelle – Francis Perrin …

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Critiqué par fear le 08/06/2009 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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« La belle verte » est un comte humoristique qui a de la peine à fleurir. Arrosé par un badinage peu digeste, la pellicule se fane faute d’avoir su interloquer par ses idées bourgeonnantes. Sans jamais remonter jusqu’aux racines de ce mal-être sociétal humain, Coline Serreau enchaînera les truismes et n’effeuillera jamais chacun des clichés qu’elle distillera dans son discours, gazon synthétique qui brille par son artificialité …
 
La fable écolo est devenue un vrai business et pas seulement d’un point de vue purement scénaristique. Miyazaki dans l’animation se voulait ludique pour les petits tandis qu’Al Gore se voulait ludique pour les grands et surtout les électeurs. Figure de proue montrant l’implication des politiques, des stars et autres personnes de notoriété publique, il demeure un grand classique au discours propre et unilatéral.

Toujours dans le constat, le film de Coline Serreau – « Trois hommes et un couffin » (1985) – reste dans cette veine en tentant de trancher d’avec le cérémonial des productions récentes. En attendant le documentaire « Home » de Yann Arthus-Bertrand, on peut se replonger dans une comédie où on prend donc de la distance face à la gravité de la situation. Son discours assez chargé contre la civilisation telle qu’on la connaît, rappellera à certains – sous une forme complètement divergente – quelques passades de « J’irai comme un cheval fou » (1973) d’Arrabal.

ANTI-CONFORMISME DE PACOTILLE

D’emblée Coline Serreau opte pour deux axes majeurs. Il y aura bien sur la comédie – celle du décalage entre les visions – et aussi le fond c'est-à-dire la perception de ce que nous avons généré comme société.

Avec toute la bonne volonté du monde, la cinéaste tente de nous déclamer les travers auxquels on reste impassible. Le problème c’est que le contenu possède autant de perspective qu’un discours de Miss France. La guerre c’est mal, la pollution c’est mal, l’impolitesse c’est mal, la hiérarchie et la monnaie c’est mal. Se complaisant dans les lapalissades, elle occulte totalement la complexité de cette destinée. C’est évidemment facile de lister tout ce qui ne va pas sans détailler, sans aller au-delà des apparences manichéennes et simplistes.

Le film se voudrait assez antagoniste au « système » sauf qu’il souffre d’une bien belle hypocrisie, celle qui correspond justement au conformisme de la politique et des médias. La télé est submergée de spots publicitaires ou de projets de lois affirmant que des progrès sur l’égalité et l’écologie seront réalisés. Cette carte de la bien séance de la pensée positive et globaliste rend vite de compte de sa vacuité et il n’y a pas besoin d’une heure et demie pour se rendre compte du camouflet à l’intelligence du spectateur qui est diffusé à l’écran.
De surcroît, on a ici une résurgence passéiste ce qui montre l’absence totale de développement. Tous les extra-terrestres sont revenus de la technologie et vivent dans la verdure et la douceur. Ah c’est sûr c’est très joli comme projet, mais c’est un brin populiste.

On est très loin d’une exploitation de filon et le manque criant de pertinence ne peut être que du à une énorme maladresse.

ANTI-MOROSITE DE PACOTILLE

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit avant tout d’une comédie. Serreau met d’emblée les pieds dans le plat avec la vision de ces extra-terrestres assez corrects jusqu’à l’arrivée de la télépathie par guidage manuel.

Ensuite on nage en pleine saga « Les visiteurs ». La redondance des types de blagues lasse vite. On a un vrai décalage qui tient plus du temps : monnaie, vêtements, nourriture, façon de communiquer … L’ET en pèlerinage – Coline Serreau herself – semble sorti du moyen-âge et n’arrive pas à s’adapter aux tourments récents. Cette inconnue et cette nécessité de faire face à cet environnement hostile va lui faire rencontrer une galerie de personnages. Il y a du beau monde mais la collégiale réponse aux injonctions idéologiques semble être le cabotinage. Pas une exception à ce fonctionnement par la caricature qui devrait valider on ne sait quel portrait extrapolé à la hâte.

Mal joué et sans véritable cœur, le métrage se flingue tout seul avec son humour pesant et son manque de subtilité. On n’a du mal à percevoir quel était le but premier du film mais il s’avère que cette fable, personnelle – selon son auteur -, évoque de manière lâche différentes thématiques anticapitalistes pour la plupart, sans jamais creuser la question.
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