ORANGE MECANIQUE   -   A Clockwork Orange
 
Annee
Duree
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1971
2h16
Malcolm McDowell - Michael Bates - Warren Clarke - John Clive - Adrienne Corri - Patrick Magee - Carl Duering - Paul Farrell

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Critiqué par Celticxoan le 04/01/2009 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par Celticxoan
77 critique(s)
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Orange Mécanique est pour moi un véritable chef d'œuvre, riche en thèmes abordés, ultra-violent, visionnaire, maîtrisé de bout en bout et interprété à la perfection.
Film culte pour moi qui à chaque visionnement me procure toujours autant de plaisir.
 

Au départ il y a le formidable roman de Anthony Burgess datant de 1962, A Clockwork Orange, que Stanley Kubrick, neuf ans plus tard en 1971, décide d'adapter pour le cinéma. Et tout le talent de l'immense réalisateur est d'avoir réussi à conserver l'essence même du roman, en préférant d'ailleurs adapter la version américaine de l'ouvrage que celle anglaise, où à la fin, Alex décide de se ranger et pense à fonder une famille, changeant ici ou là certaines scènes et en créant d'autres. L'œuvre finale est ainsi si proche du roman qu'il est difficile de dissocier les deux.
Mais là où Kubrick fait fort c'est en réussissant à rendre son métrage parfaitement compréhensible et accessible à un plus large public que le livre où le langage particuliers de Alex et ses Droogies, pourtant bien présent dans le film, nécessitait l'aide d'un lexique.

La société que nous décrit le réalisateur anglais, bien ancrée dans les années 60/70 tant par son esthétisme que par certains sujets abordés, est probablement un des ses points forts.
Mais au-delà de la simple description, Kubrick nous dépeint un monde au bord du chaos,avec sa société en déliquescence complètement dépassée face à sa jeunesse incontrôlable et adeptes de toutes formes de rébellions.
Les repères sociaux (forces de l'ordre, travail et éducation scolaire) et familiaux (famille inexistante ou soumise) sont complètement dépassés et n'exercent aucune forme d'autorité sur ces jeunes. Loin de ces fondamentaux issus des année 40/50, ils ont crées leur propre structure, différente,
violente, dont le noyau principal n'est ni la famille, ni le monde du travail mais le gang.

D'ailleurs le cœur du film est tout simplement ces gangs et en particuliers celui composé par Alex et ses Droggies, même si le film brasse de nombreux sujets tel que la psychothérapie comportementale ou la libération sexuelle jusqu'à sa déformation la plus perverse et immorale (viol pour le plus extrême).
Mais les nombreux thèmes sont observés, disloqués, analysés, commentés par son meneur Alex, véritable anti-héros, violent, immoral.
Et là le film réussi un véritable tour de force en nous amenant à presque s'identifier à Alex où tout du moins à prendre son parti même dans ses actes les plus vils et abjects. Car Alex est un véritable charmeur et représente une incroyable figure de la liberté, que tout adolescent à un jours oul'autre effleuré du bout des doigts.
Et Kubrick joue sur ce point jusqu'à nous pousser dans nos derniers retranchement moraux : rire ou être écœuré par le viol perpétré par Alex, par le meurtre (dont l'arme du crime est un phallus géant !) qui le mènera en prison.

Alors que pour la première fois du film, la cause du personnage central semble irrécupérable, au moment où le spectateur réussi à se distancier de lui (ou pas d'ailleurs), le film change complètement de ton, d'ambiance et de cadre. Entre les enceintes de la prison Alex n'est plus maître de sa destinée, semble être la victime toute désignée de ces compagnons de cellule et son seul refuge sera sa liaison avec le prêtre, où il peut encore user de son carme afin d'obtenir une position "protégée".
Alex dans un premier temps est semblable à un animal, sur ses gardes et apprenant à s'acclimater à son nouvel environnement, découvrant les faiblesses du système et en profitant. Une fois de plus il réussi à tirer son épingle du jeu, mais ne peut se satisfaire de sa condition de prisonnier.
Mais un événement inattendu va lui offrir une formidable chance de retrouver la liberté et par la même occasion à Kubrick de réussir un retournement de situation phénoménal, changeant le statut de son personnage principal, amenant le spectateur, une fois de plus, à reconsidérer son opinion sur lui.

Grace à une thérapie expérimentale mise en place par le gouvernement, Alex peut retrouver la liberté en quelques jours. Mais ce qu'il ignore est le prix de cette liberté.
Véritable "torture thérapeutique" cette partie du film met définitivement Alex dans la position de victimes. Grace à des scènes chocs (tant sur l'écran que regarde Alex, que celles décrivant les expérimentations qu'il subbit) dont certaines restent gravées dans la mémoire collective (les fameux écarteurs de paupières !), Kubrick replonge son métrage dans la violence. Violence autorisée, légalisée, médicalisée mais pourtant toute aussi cruelle et immorale que celles administrées par Alex à ses victimes.Et au sortir de cette expérience douloureuse et inhumaine, Alex n'est plus qu'un semblant d'humain. Ne pouvant plus ressentir certaines émotions liées à la violence, au sexe et l'horreur absolue la musique, il est la proie rêvée pour tous les prédateurs qui l'attendent au dehors des murs de la clinique.
Amis frustrés, parents, victimes revanchardes, toutes auront droit à leur part de "vengeance" contre lui. Cette fois-ci aucun refuge pour le cacher et le protéger pas même ces dogmes qu'il bafouais autre-fois, la justice, l'amitié ou la famille !

Kubrick parvient dans son film à s'attaquer frontalement à certains problèmes encore d'actualité : conditions d'incarcération, médecine en échec, famille dénaturée et sans autorité, jeunes prônant la violence comme modèle de vie, délabrement des valeurs de la société et comportement politiques toujours aussi peu morale.

Après avoir traversé les divers statut de son existence, Alex malgré sa tentative de rédemption, même si elle n'est pas un véritable choix de sa part, fini par retrouver ses instincts de prédateurs comme pour mieux nous démontrer que la nature de l'homme ne peut être changée, surtout par le biais de la médecine, de la science et de l'autorité. Le libre arbitre semble être le seul remède qui renvoie notre héros à son statut de délinquant, violent et immoral.

Si les acteurs du film sont irréprochables et leurs rôles assez correctement exposés, Malcolm McDowell est la star de cette œuvre.
A la fois violent, charmeur, il parvient à étaler tout son talent d'un simple regard, d'un simple geste il joue constamment avec son auditoire.
La violence physique et psychologique dont il fait preuve semblent réellement faire partie de lui et même en état de victime, il reste une lueur nous rappelant que même blessé, un animal reste dangereux. C'est son cas, véritable mélange de charme et de bestialité son talent explose littéralement dans le film, au pont qu'il restera à jamais cet Alex pour le restant de sa carrière.

La musique du film est un autre élément important. Si Stanley Kubrick préférait généralement utiliser de la musique classique existante plutôt que de faire appel à des compositeurs hollywoodiens, ici il va recevoir une proposition assez novatrice pour l'époque d'une compositeur moderne, Walter Carlos. Il va remanier certaines musiques connues de façon plus modernes grâce à des synthétiseurs.
Ainsi des morceaux aussi célèbres que la Symphonie n° 9 de Beethoven, l'ouverture de Guillaume Tell de Rossini, la marche funèbre de la reine Mary de Henry Purcell par exemple seront retravaillés sans en dénaturer leur beauté et leur puissance émotionnelle. Cette orientation particulière renforce le côté "futuriste" du métrage.

Au final Orange Mécanique est un véritable chef d'œuvre, film visionnaire, œuvre d'anticipation qui doit tant au talent de son auteur Anthony Burgess qu'a celui de son réalisateur Stanley Kubrick et de son interprète principal Malcolm McDowell. Étude sociale également qui nous renvoie aux problèmes actuels et aussi véritable film de divertissement malgré une certaine forme d'apologie de la violence, bien que terriblement bien emballées par son réalisateur, cette violence dans le film reste jouissive, nous poussant presque à oublier que dans ces actes barbares il y a des victimes avant tout.
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