MORSE   -   Låt den rätte komma in
 
Annee
Duree
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2 commentaire(s)
2007
1h50
Kåre Hedebrant - Lina Leandersson - Per Ragnar - Henrik Dahl - Karin Bergquist - Peter Carlberg.

LISTE DES CRITIQUES
Critiqué par Celticxoan le 06/12/2008 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par CAMIF le 28/02/2009 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear le 07/01/2010 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par Celticxoan
77 critique(s)
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Morse est probablement l'un des plus beau film sur les amours enfantins et sur le thème du vampirisme. Froid, dur et pourtant émouvant, ce film est pour moi un futur chef d'œuvre. Une œuvre parfaitement maîtrisée de bout en bout par un réalisateur dont il faudra désormais retenir le nom : Tomas Alfredson.
Même si certains ni verront que lenteur et ennui poli, les plus chanceux seront bouleversé par cette histoire d'amour parfait....
 
Il existe des films qui par leur sujet, leur réalisation et par leur ambiance réussissent à vous toucher, vous émouvoir et vous rappelle pourquoi le cinéma est une chose primordiale dans vitre vie de cinéphile. Si le 7ème art peut vous offrir un vrai plaisir de spectateur, être un véritable divertissement mêlant divers sentiments et émotions ou une source de réflexion, ce métrage suédois est bien plus que cela, beaucoup plus.
Sous son histoire de vampire, en son cœur il renferme un véritable trésor : une histoire d'amour entre deux enfants, d'une pureté et d'une simplicité qui malgré les apparences, vous apporte une véritable émotion, profonde, instantané, mélancolique et touchante.

Bien qu'étant incontestablement un film de vampire respectant bon nombre de règles, le réalisateur réussi à créer une ambiance particulière, à mettre en place un ton pour le moins original, voir novateur, pour donner un nouveau souffle à ce genre éculé.
Bien que d'autres films ai déjà emprunté la voie émotionnelle et narrative que nous délivre ce Morse (Dracula de Coppola, Ginger Snaps ou La Compagnie des Loups), ici Tomas Alfredson parvient à nous offrir une véritable ode à l'innocence et au véritable amour.
Qui d'autres que des enfants peuvent ressentir un amour aussi parfait, sincère et sans porter aucun jugement ? Qui d'autre peut accepter l'étranger malgré ses faiblesses, ses différences et ses doutes ?

En plaçant son œuvre dans le regard de se "couple" d'enfant dont le parcours vers le monde de l'adolescence passera par une série d'épreuves dures et mortelles, véritable initiation le réalisateur en change considérablement la donne, la perception du spectateur et touche immanquablement
à chaque scène car il nous parle tout simplement d'un sentiment universel où chacun pourra y puiser une source de réflexion, de remontée de souvenirs et probablement de regrets vivaces. Cet amour que chacun à possédé, partagé ou pas et qui immanquablement s'est détérioré au fil du temps, faisant de nous des adultes, avec son lot de responsabilité, nous menant à un doute constant dans notre intimité, de nous, de l'autre, même si aux regards des autres nous ne pouvons admettre ce fait.
Bien avant ces doutes, les relations physiques et l'apprentissage de la jalousie, il y a avait cette pureté, ce sentiment parfais qui ne pouvait nous faire que nous sentir, plus grand, plus fort.
Eli et Oskar, les deux jeunes héros, vont devenir l'incarnation parfaite d'un amour absolu...

Ces deux enfants tellement différents en apparence sont pourtant très similaires par leur relation complexe et solitaire qu'ils ont vis à vis des réalités de la vie.
Oskar, enfant unique d'un couple divorcé, est le souffre douleur des ces camarades de classe et exorcise ses souffrances et sa rage contenue en fantasmant l'assassinat de ces enfants tortionnaires à l'aide d'un couteau qu'il garde sur lui, et qui la nuit, seul dans la cours de son immeuble, rejoue la scène vécue lors de ces humiliations diurnes.
Eli jeune fille au comportement inadapté et déviant qui ne vit que la nuit tombée et n'a aucun contact amical, ni affectueux avec le monde qui l'entoure. Seul son père entretient une forme de rapport terriblement douloureux avec elle, n'étant que l'élément nourricier, lui apportant sa pitance à domicile mais ne reçoit aucune gratitude où geste amant de la part de sa progéniture.
Le destin de ses trois personnages va s'entremêler, lorsque les deux jeunes se rencontreront une nuit dans la cours enneigée de l'immeuble et au-delà de l'horreur régnant dans la froideur des nuits de Stockholm, naîtra leur amour.

Le réalisateur nous décris un univers particulièrement sombre et glacial dont le froid et le manteau neigeux qui recouvre cette banlieue suédoise annihile toute envie, tout désir, tout espoir. Les adultes décris dans son film, ne peuvent en aucun cas servir de modèle, ni même apporter le côté protecteur, véritables repères salvateur pour tout enfant. Ils ne sont que des êtres perdus, à l'avenir incertain, au présent monotone semblant en phase avec l'univers de cette cité. Même le père d'Oskar, malgré les apparences, finira par décevoir son enfant, lui ôtant son dernier repère d'une certaine forme de normalité. Mais la normalité dans le film est désespérée, imbibée d'alcool et noyée dans une solitude amante où chacun survit sans réussir à trouver une émotion salvatrice. La société que nous dépeint Tomas Alfredson ne peut satisfaire le monde intérieur de nos deux jeunes héros, dont la rencontre et la découverte de leur amour naissant sera leur seule porte de salut, vers autre chose, loin de ce système et cet environnement déprimant dirigé par les adultes.

De l'innocence de l'enfance vers l'univers adolescent, le réalisateur réussi à nous dépeindre la lente mutation de nos deux jeunes protagonistes avec un talent fou et des images dont la fulgurance vous prend à la gorge, au cœur.
Leur union basée sur l'incompréhension du monde environnant, sur leur solitude partagée pour échapper au jugement du regard des autres et leur besoin de s'affranchir de ses manques affectifs que les adultes ne peuvent leur offrir.
Et le metteur en scène parvient à propulser son film vers les sommet par le traitement qu'il propose de cet amour enfantin.
Là où certains films de genre se complaisent dans la démonstration et la surenchère, ce film s'oriente vers la pudeur et la simplicité, ne dévoilant que très peu de choses, ne montrant que rarement les meurtres où la violence physique, bien que les morts violentes et les scènes sanglantes sont bien présentes ici mais espacées et très souvent surprenantes par le soudaineté.

Le réalisateur se concentre, se focalise sur l'amour naissant de ces deux enfants différents, véritable "freaks" aux yeux des autres, évitant autant que possible les longs dialogues, préférant capter les regards partagés et tellement révélateur par Eli et Oskar. D'ailleurs certains sens, le toucher, l'odorat, l'ouie établissent la base de leur relation intime. Mais une relation pure et dans arrière pensée comme peut offrir tout amour enfantin. Les gestes affectueux emplis de tendresse et de complicité, entre crainte et découverte, sont de véritables connections entre leurs âmes affamées.
Face aux épreuves terribles et parfois monstrueuses qu'ils vont traverser, rien ne semble pouvoir séparer ces deux amis, ces deux amoureux nocturne. Mais c'est sans compter sur certains événement inattendus, prouvant une fois encore la dureté de la réalité et les dangers qu'elle véhicule...

Visuellement Tomas Alfredson nous offre de magnifiques plans, d'une maîtrise quasi chirurgicale, alliant très gros plans et cadres très travaillés, véritables tableaux de nature morte, réussissant à imprégner sur la pellicule ce sentiment d'isolement que chaque protagoniste véhicule tout au long de l'intrigue. De images profondément mélancolique, déchirante de véracité et dont la neige immaculé semble étouffer les bruits, les cris et les soupirs. Rythme lent et presque hypnotique, déchiré par des traits de violence dont la brutalité sonne comme un réveil, seuls instants qui redonnent un semblant de vie à la cité assoupie. Véritable contradiction que le réalisateur parvient à dessiner, trouvant un équilibre et une précision folle sans jamais se laisser à toute forme de facilité voir de paresse. Instant de mort ressuscitant la vie, baisers de sang au goût de pureté,sacrifices douloureux pour préserver l'amour, de la glace des décors au feux intérieurs consumant les deux jeunes héros, tout est opposé, tout contraire se
complète pour établir un équilibre miraculeux où seules les émotions sont préservés pour mieux nous toucher.

Au final ce Låt Den Rätte Komma In est un film précieux, véritable diamant à l'éclat sombre, dont la beauté dissimulé dans son écrin ne parviendra pas au regard de tous, mais pour ceux qui se laisseront doucement entraîner dans cette histoire d'amour au goût de sang et au regard pur, révélera toutes ses richesses. Un film unique, véritable descente aux confins de l'amour parfait, plongée vers ces sentiments complexes de l'enfance et de cette simplicité à accepter l'univers de l'autre.

Pour moi tout simplement un chef d'œuvre en devenir qui trouvera son véritable public au fil du temps, lui offrant un véritable film de genre dont l'intelligence du propos et la beauté des sentiments liant ces deux enfants, lui fera traverser l'épreuve des années et le préservant de l'oubli sans la moindre difficulté...
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