RED LION   -   Akage
 
Annee
Duree
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1969
1h55
Toshirô Mifune - Shima Iwashita - Etsushi Takahashi - Minori Terada - Nobuko Otowa

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Critiqué par Fear le 28/08/2007 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par Fear
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« Red Lion » est une nouvelle réussite d’Okamoto qui continue sa mise à plat de l’histoire nippone et des agissements de l’époque. Si le personnage principal semble un espoir, c’est l’approche désabusée d’un samouraï qui retranscrit au mieux ce qui va se passer. Touchant, drôle et intelligent, c’est un nouveau chef d’œuvre de l’auteur de « Le sabre du mal » (1966) …
 
Okamoto a toujours eu a cœur de désacraliser les personnages ou les pages historiques qui l’intéressaient. On retrouve cela dans ce film à la fois drôle et dramatique où le pouvoir et l’humain sont au centre des choses. Le réalisateur garde sa vision plutôt sombre de la vie humaine mais également cette touche western qui se dévoilait complétement dans « Kill, la forteresse de samouraïs » (1968).
Quelques combats viendront sporadiquement au cours du film. Ils sont courts et restent sobres mais on ne rentrera jamais dans le domaine du duel épique. Ils représentent souvent des massacres plutôt que de réelles batailles.

Toshiro Mifune est absolument remarquable comme à son habitude dans ce personnage à la fois simple, drôle et pathétique mais volontaire et optimiste. L’acteur est d’ailleurs bien plus impliqué dans le projet puisqu’il est également producteur.

Le film se place au moment de la restauration impériale, lorsque le shogunat commence à s’éteindre. Dans ce but, les partisans impérialistes tentent de rallier à leurs causes de petits villages. C’est justement dans l’un d’eux que va se passer tout le film.Gonzo, le lion rouge – nom du à sa coiffe rougeâtre -, interprété par Mifune est donc mandaté pour s’occuper de son village natal. Son personnage est bercé par une douce crédulité, communicative à souhait, qui va lui donner beaucoup de crédit au sein de la population. Cependant il n’a pas la stature de chef ni de samouraïs, se soulant et n’étant pas suffisamment vigilant par rapport à ceux qui l’entourent.Etant un homme peu cultivé, il représente la naïveté qui permet d’être abuser des gens car c’est un héros populaire; il stoppe notamment le député en place. Ce dernier est le contraire du lion rouge puisqu’il est dans le matérialisme, abuse de son pouvoir en étant très répressif.
Gonzo, s’il reste celui qui ressort le plus positivement du film dans l’absolu, il est celui par qui le jeu du pouvoir passe. Nonobstant, une chose qu’il aura su offrir définitivement aux habitants est l’optimisme malgré qu’il ne soit pas arriver à faire ce à quoi il aspirait.
Face à lui la population est également crédule et cède sous les promesses, croyant tout dans une sorte d’innocence touchante et pourtant fort préjudiciable.
Enfin, hormis les pro-shogun, un autre personnage se démarque. En effet, le samouraï présent est un individu désabusé qui n’attend rien de la vie. Encore une fois chez Okamoto on est bien loin de la vision idéalisée du samouraï.
Pessimiste et individualiste il va prévenir Gonzo que rien ne changera. Il tentera plusieurs fois de prévenir le héros de ce qui attend le monde en devenir. C’est donc un personnage tout en ambiguïté – mais en charisme – qui va marquer le film par la vision juste qu’il a de la société. Il représente donc une minorité « éclairée » qui ne peut –être que fataliste. Il sera secondé par la mère du lion rouge qui va elle aussi tenter d’ouvrir les yeux à son fils.

Le jeu du pouvoir va donc avoir lieu et les deux camps font preuve d’une violence et d’une répression brutale pour asseoir leur statut.
L’impérialisme que vénère Gonzo, comme un messie dont il ne connaît pas la teneur mais auquel il croît aveuglément, n’apportera pas la paix au peuple qui n’a plus qu’un envie, que l’oppression s’arrête.

Akage est donc une œuvre dure, démolissant les clichés glorifiés de cette époque tout en distillant un humour touchant qui n’est qu’une façade. En effet, c’est bien le drame et le fatalisme désespéré d’Okamoto qui ponctuent le film de fort belle manière.
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