KILL LA FORTERESSE DES SAMOURAIS   -   Kiru
 
Annee
Duree
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1968
1h55
Tatsuya Nakadai - Etsushi Takahashi - Naoko Kubo - Shigeru Kôyama - Akira Kubo - Seishiro Kuno …

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Critiqué par Fear le 28/08/2007 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par ymothep le 28/08/2007 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par Fear
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Deux ans après son film culte « Le sabre du mal », Kihachi Okamoto nous offre à nouveau un chambara hors norme,social et désenchanté, remettant en cause la réalité même de la droiture légendaire des samouraïs par le biais d’un ton décalé omniprésent et un casting de choix. Une œuvre indispensable…….
 
« Kill » est un de ces chambara dont les western-spaghetti pourrait (ou plutôt ont pu) s’inspirer. La BO du générique suivie de l’introduction située dans une ville fantôme : quelques brins de paille portés par le vent, des personnages scrutant depuis l’intérieur de leur maisonnée ainsi que la lutte entre deux camps par laquelle les héros se retrouvent happés …. Pas de doute, le western est d’origine nippone !!
Réalisé en 1968, on peut se demander s’il n’existe pas une filiation directe avec les films de Kurosawa que ce soit sur la forme du métrage (Yojimbo (1961), Sanjuro (1962)) ou encore par certains détails : On notera qu’Okamoto a choisi de mettre en scène sept samouraïs assiégés sur fond de répression de paysans …… ceci est sûrement plus qu’une ressemblance fortuite avec le célébrissime « les 7 samouraïs » (1954).

« Kiru » désacralise le statut de samouraï montrant qu’il reste un homme avant tout, prisonniers de ses instincts et de ses imperfections. Les deux personnages principaux sont les témoins des méfaits du pouvoir et de la corruption prenant place au sein des divers clans : Les codes du chambara s’évaporent avec le code d’honneur, le bushido; Les samouraïs sont manipulateurs et trahissent sans vergogne leurs camarades, la lâcheté est de mise (utilisation d’armes à feu), ils sont emplis de vices tels que la luxure et la boisson ….. Tout ceci contribue efficacement à instaurer une ambiance empreinte de pacifisme déchu, une simple fable sur la perfectibilité de l’âme humaine dont les sabreurs ne sont pas exempts.

De plus, les différences sociales sont très marquées et ce sont les plus pauvres qui en pâtissent (ici les paysans) alors que la plupart des dirigeants et samouraïs se trouvent être plus préoccupés par leur statut.

Néanmoins, au lieu de prendre parti de réaliser un drame pur, Okamoto distille un juste équilibre entre dramaturgie et comique sans tomber dans le ridicule siégeant parfois au sein des productions burlesques nippones. Ceci est dû en grande partie à une galerie de personnages plus que réussie. On retrouve Tatsuya Nakadai (Genta) dans un rôle bien différent de celui qu’il tenait (Ryonosuke) dans le précédent film d’Okamoto, « le sabre du mal » (1966). A ses côtés, Etsushi Takahashi (Hanji ) dans un de ses premiers rôles campe ici un personnage à la fois drôle et attachant, représentant un homme honorable voulant paraître ce à quoi il associe un samouraï, en tout cas avant de les côtoyer : fort, élevé socialement mais respectueux des codes et de sa parole. Outre ce duo de talent, de nombreux personnages secondaires se trouvent être très intéressants (ou drôles) comme le révérend par exemple.
Côté action, les scènes de combat sont rares mais particulièrement intenses. On assiste souvent à des combats très violents à la fois sur le fond avec parfois un grand nombre de combattants, dans la poussière, poursuivant sans répit leurs adversaires et sur la forme avec des visages crispés, certains membres coupés ou encore par les grands gestes des guerriers, tout ceci étant mis en exergue par une réalisation inspirée. En effet, on peut voir au fil du film des combats évoquant la guerre, la caméra passant rapidement d’un combattant à l’autre comme si l’individu disparaissait laissant place à la lutte de deux clans mais aussi des combats sobres, rapides, avec peu d’adversaires, parfois dans des lieux exigus dont ressort une belle impression de puissance.
Lors des scènes dramatiques ou comiques, Okamoto fait entièrement confiance à ses acteurs assénant de nombreux gros plans sur le visage des personnages et fait également bon usage de la très belle photographie du film.

Vous l’aurez compris, ce mélange de drame, d’humour et de violence est une véritable réussite rappelant que Kihachi Okamoto est un des réalisateurs incontournables du chambara et Tatsuya Nakadai un acteur hors-pair .
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