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Critiqué par fear le 19/10/2014 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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Takeshi Koike pour son premier long-métrage réalise un film aux qualités visuelles évidentes que ce soit dans l'animation ou le style. Le problème est qu'il brode trop autour du coeur de son sujet, les courses et les sensations de ces compétitions hors normes. Une oeuvre d'animation trop rarement fascinante, plutôt linéaire, qui se prend les roues dans le tapis de sa narration...
 
Ah les courses de voitures qui font un maximum de dégâts ! On se souvient forcément de "La course à la mort de l'an 2000" (1975) ou encore des jeux vidéo comme Carmageddon ou Destruction Derby.
Pourtant quand il s'agit de faire parler les armes, il n'y a guère que l'univers vidéo ludique qui mette les mains dans le cambouis. Il y a de cela quelques années (bon d'accord, beaucoup) sortaient les Full Auto, les Interstate et autres Twisted Metal...

Voilà qu'en 2010, la japanimation se mettait en quête de sensations fortes avec ce "Redline". Aux manettes, un nom tout de même rassurant à savoir Takeshi Koike. S'il ne s'agit que de son premier long métrage, il s'est illustré au département animation de nombreux projets phares voire cultes comme "Ninja Scroll" (1993), le film "Blood The last vampire" (2000) ou encore "Vampire Hunter D" (2001). Toutefois il est surtout connu du grand public pour avoir mis en scène le segment World Record d'"Animatrix" (2003).
Pour ce qui est de l'écriture, on retrouve Katsuhito Ishii (réalisateur de "The taste of tea" (2004), "Funky Forest" (2005)).
Enfin, derrière ce projet aux moyens conséquents, le studio Madhouse est présent. Il abritait notamment Satoshi Kon, décédé en 2010.
Malgré tout ce beau monde et l'argent investi, le film ne connaîtra pas un réel succès. Mérité ?

LA COURSE A L'AMORCE

Le film débute fort. On passe en revue une foule hétéroclite de personnages bizarroïdes formant la plèbe venue assister à une grande course. Puis, on suit la compétition, les véhicules se frottant la carosserie jusqu'à ce que sortie de route s'en suive.

Le premier quart d'heure en jette mais l'intensité produite est un faux shoot d'adrénaline. Il faudra attendre trois quart d'heure avant de basculer à nouveau dans l'action brute. Ce sont donc des promesses un peu déçues qui servent de piliers.
Une fois que l'on sort du carcan automobile, Koike va tenter de jongler entre exploration des personnages et scénario secondaire. C'est incroyablement brouillon dans les deux cas, à cause d'une mauvaise gestion du temps.

On va apprendre petit à petit quelques petites choses sur JP et son homologue féminin Sonoshee ainsi que sur le rôle de Frisbee.
Pourtant, on ne sait pas trop pourquoi, il existera des présentations linéaires des autres participants à la Redline. Un remplissage moyennement réussi qui s'oppose un peu au fond politique de Roboworld.
Le cas de cette planète est exploité de manière hachée, avec une fâcheuse tendance à la caricature. Un lieu sous le joug de tyrans aux uniformes connotés qui va cacher tout un arsenal aux yeux des coureurs illégaux et donc aux yeux du monde, puisque la Redline est très populaire.
De même, cette dernière sera partiellement interrompue par des événements extérieurs. Ceux-ci ne parviennent jamais à faire oublier le cœur de la course car on retombe dans un univers créatif bien moins original.

Il y a un gros problème de densité dans l'histoire et Koike n'exploite pas suffisamment les qualités évidentes de son travail.

LA COURSE A MORT

Koike est un artisan des plus appliqués. L'animation est globalement très réussie et surtout il parvient à donner vie aux courses. En effet, il rend compte de la vitesse avec aplomb faisant ressentir la pression de l'accélération tout en mettant les divers adversaires dans des postures délicates. Ça va vite, c'est percutant même si on a le droit aux réflexions des pilotes, qui font un peu flop.
De la même manière, hors des pistes, les altercations sont efficaces.
Il ne faut pourtant pas voir Koike comme un actionner bourrin puisqu'il parvient à donner une identité eux différents peuples jouant dans cette pièce inter-planétaire.

Le travail sur l'hyperchromie fait penser à "Speed Racer" (2008) des frères Wachowski. Mais, il agence également ses couleurs de manière à créer des décalages permanents en osmose avec les chara-design assez soignés. Cette réussite visuelle complète des ambiances différentes, selon les lieux et les "espèces" de fous du volant.

Côté musique, c'est un peu plus délicat. Il arrive à créer des modulations selon les lieux mais la Techno qui déboule pendant les courses est vite agaçante.

C'est donc un film d'animation sacrément bordélique qui nous ait offert ici. Les intrigues ne sont que des prétextes pour converger vers les courses mais ce besoin de créer un liant est paradoxalement handicapant. En effet, un festival non stop de courses à l'instar d'un film de combat qui débiteraient les combats à la chaîne aurait été plus agréable à suivre, plus en phase avec le savoir-faire de Koike.
En l'état, on s'ennuie régulièrement en se languissant d'une séquence d'accélération et d'action en bonne et due forme.
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