THE MASKED PROSECUTOR   -   Ye Cha
 
Annee
Duree
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1999
1h34
Louis Koo - Blackie Ko Shou Liang - Jordan Chan - Grace Yip - Tony Ho - Chi-Sing Lam - Kwai-Hoi Leung - Meng Lo - Sai Man …

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Critiqué par fear le 01/08/2014 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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« The masked prosecutor » est un thriller qui demeure anonyme. Une fois les rôles distribués, on tente de d'accrocher à une vieille affaire, aux relents de critique judiciaire. Les thèmes 90's sont là, tout comme un enrobage de douceur globale. A vouloir tout concilier, Yau n'arrive pas à nous embarquer dans une intrigue qui sombre, au final, dans l'ubuesque et le tire-larmes argumentaire...
 
Herman Yau est un cinéaste qui attise la curiosité. En effet, comme bon nombre de ses compatriotes il œuvre dans différents registres mais il pousse le vice jusqu'au grand écart. Impossible d'oublier son indélicat « The untold story » (1993) et pourtant il a réalisé autant de films d'horreur – la saga des « Troublesome night» - que de thrillers, que de drames ou de romances.
En 1999, il avait d'ailleurs sorti son criminel « 14 days before suicide » (1999), son romantique « Fascination Amour » (1999) et le 6ème volet des « Troublesome night » (1999).

Le pitch n'a pas de quoi nous éblouir. Une histoire traitée et retraitée. Elle est portée, de loin, par Grace Yip mais surtout par un trio masculin. Nous avons en premier lieu Jordan Chan, le jeune flic droit, vu dans « Big Bullet » (1996),« Bio-Zombie » (1998) ou encore « Initial D » (2005). Ensuite, nous avons l'ancien, Blackie Ko, qui commença dans les films de combat comme « Le boxeur machot » (1972) puis changea de cap avec des métrages tels que « Crime Story » (1993) ou « L'arnaqueur de Hong-Kong » (1994). Enfin, Louis Koo, popularisé par Johnnie To – les « Election », « Drug war » (2012) – et qui avait déjà tourné avec Yau pour les « Troublesome Night ».

CONFLUENCE TEMPORELLE, FANTASTIQUE MANGA-ISTE

« The masked prosecutor » se situe à la charnière entre les années 90 et les années 2000. Si cela semble anodin, il ne faut pas oublier la versatilité du genre à Hong-Kong.

Yau reprend donc à son compte les poncifs de la décennie passée. On revoit des policiers qui ont la main leste, une critique de la justice laxiste du pays, la justification plus ou moins populiste de la vengeance, l'importance de l'argent et le statut de martyr du policier.
Tout cela respire le classique dès le départ : les nouvelles annonçant des libérations surprenantes sont suivis d'un justicier encapuchonné assombri par un contre-lumière. Ensuite nous assistons à la moquerie - pas très fine - consistant à humilier un Boss, pleurnichant, loin de l'image de l'assurance qu'on pourrait lui accoler.

Derrière l'idéologie un peu passéiste, on retrouve des angles arrondis. En effet, si le début est très brut de décoffrage, on se situe bien plus tard vers un point de vue bien plus humain. C'est sans doute là que le métrage rompt avec les habitudes HK.
Il n'en reste pas moins que le message n'est pas des plus fins et que les motifs sont simplement déplacés vers le sentimentalisme.

L'autre constat que l'on peut faire concerne le style. On retrouve des marqueurs typiques du cinéma local mais qui pourraient très bien lorgner sur le manga. On peut déjà évoquer les jolis masques peints qui servent de couverture. Cela donne une dimension fantastique, très « super-héros », plus Punisher que Spiderman.
De plus, le lien père-fille, les minauderies de Grace Yip et l'humour impromptu donne une certaine consistance à ce décalage de ton, très loin de la froideur que l'on sentait parfois dans ce cinéma.

DECALAGE IRREALISTE, CONSISTANCE PERDUE

Certes, en dépit du sujet ressassé, on arpente le film de manière peu conventionnelle. Toutefois, on peut difficilement se satisfaire de la narration qui se réduit vite à un duel sans vigueur.
On sait rapidement qui est le responsable et un méga-flashback va nous expliciter les raisons de ces actions. De fait, le suspens n'existe pas et la montée en tension non plus. Yau s'appuie sur son sous-texte afin de donner de l'épaisseur à ses protagonistes. L'intrigue repose donc sur une affaire passée mais dont les conséquences sont pour le moins tirées par les cheveux (liens familiaux, attitude policière vis à vis de Guy).
Yau se perd dans sa description un peu victimaire et loupe l'occasion de donner des coups de semonce à l'écran.

Si le récit n'est guère passionnant, l'action n'est pas tonitruante non plus du fait d'une mise en scène assez pauvre. Yau nous avait habitué à mieux. Si on retrouve la dominance d'obliques dans les compositions de plan (old school HK encore) et une vague de lumière jaune sporadique, le montage des séquences rythmées est peu pertinent. On a le droit à des scènes peu lisibles avec des plans trop serrés et une rythmique trop frénétique de manière générale.
Sans être un naufrage, on passe encore à côté d'un aspect qui possédait un certain potentiel, surtout avec Yau derrière la caméra.

Enfin, parlons casting. Blackie Ko cabotine souvent tandis que l'underplaying de Jordan Chan n'est guère efficace. Au final, c'est un Louis Koo à contre-emploi qui emporte les suffrages, donnant vie avec sobriété à son personnage.

Au final, Herman Yau ne parvient jamais à donner pleinement vie à cet exutoire en forme de procès du système judiciaire et de rédemption.
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