LOST SOULS   -   Da she
 
Annee
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1980
1h30
Fei Ai – Stephen Chan Yung – Han Kwong Chan – Shen Chan – Yung Chan – Feng Chi – Chih Hung Chiu – Han Chiang...

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Critiqué par fear le 29/07/2014 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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"Lost souls" montre un des projets de Tun Fei Mou en amont de ses "fameuses" productions aux relents historiques. Une fois de plus, l’aspect socio-historique disparaît assez vite au profit d'un modèle d'exploitation de prison. Mou remplit le cahier des charges graphiques mais n'est pas suffisamment outrancier pour faire oublier la pâleur de son script et de ses héros...
 
Tun Fei Mou est l'auteur du "Camp 731" (1988), un véritable objet bisseux qui ne se privait pas pour aller loin dans l'exploitation sous couvert historique. Le cinéaste a toujours pris ces chemins de traverse pour explorer son cinéma. Il le prouvait déjà avec ce "Lost Souls" (1980), sûrement moins connu que les exactions d'un "Black Sun" (1995).

Le projet est porté à l'écran via la Shaw Brothers. On retrouve donc à l'écran Fei Ai – "Griffes d'acier contre Léopard Noir" (1980) ou "Human Lanterns" (1982) -, Yung Chan – "les 18 armes légendaires du kung-fu" (1982) – ou encore le prolifique Shen Chan – "La main de fer" (1972), "The shadow boxer" (1974) mais aussi un rôle Draculéen dans "La légende des 7 vampires d'or" (1974) -.

MOUSPLOITATION

Si ce n'est pas l'artisan le plus habile de sa génération, Tun Fei Mou possède une certaine continuité bisseuse. Il aime toujours mixer les influences en apportant une pointe historique.
Ici, le point de départ est le changement législatif qui toucha Hong-Kong. En effet, de nombreux chinois étaient désireux d'atteindre la petite île.
Depuis 1974, la "Touch-base policy" autorisait les chinois – fuyant souvent le régime continental – qui rendait visite à des parents Hong-kongais à s'inscrire pour une demande de carte d'identité. Toutefois , devant l'ampleur du flux, le gouvernement décida de l'abolir. Ainsi, chaque immigrant illégal était dés lors reconduit aux frontières.

Mou nous montre ici la détresse de ces expatriés qui doivent faire face à des filtres successifs. Des personnages abusifs vont tenter d'extorquer ces familles ce qui montre la nature humaine sous son meilleur jour. Depuis les bateliers jusqu'aux habitants et à la police - les plus doux finalement -, ils sont tous mis dans le même panier, celui de l'exclusion par le pouvoir.
Le portrait peu flatteur sert surtout de tremplin au passe-temps favori de Tun Fei Mou à savoir l'agression de ces congénères.

On le sait, il ne fait pas dans la dentelle mais on ne peut bien entendu atteindre les horreurs de la guerre. Pour ceux qui connaissent le travail du réalisateur, il ne faut pas s'attendre à une surviolence froide mais à un déferlement rythmé. On est dans une série B qui envoie un peu tout et n'importe quoi, prêtant même parfois à sourire.
Certes, on oscille entre le sexe – nudité, agression – et la violence plutôt hors champs – une immolation, des brimades -. Outre ces ingrédients usuels très présents, il y a les opprimés soudés qui doivent survivre coûte que coûte. Cela donne lieu à des séquences sans réel sens, sans véritables aboutissants. Parfois, on sent également le choc des cultures avec des réactions épidermiques, dérivant vers l’exagération systématique.
On notera cependant que le comportement du chef des bandits est assez rare pour un film local de cette époque, durant laquelle l'homosexualité n'était pas courante.

Le pouvoir d'un gang de terreurs allant jusqu'à revendre certaines de leurs prises pousse les réfugiés à l'obéissance puis à la révolte animale mais aussi à réfléchir à un plan collectif. Ce dernier sera d'ailleurs un peu facile mais passons...

Classique pour du Mou mais l'excuse historique a encore plus de mal à passer que d'habitude surtout qu'il laisse tomber son explication de texte. Il y a bien le final qui montre le leurre des chinois mais ce n'est pas l'essence du métrage, loin de là.

SOUS-SPLOITATION

Désormais, on a l'habitude des polars urbains sophistiqués ou des films de combat dans l'underground des mégalopoles. Or, on est ici dans la rase campagne. Les réfugiés courent à travers des champs et sont enfermés dans des abris montagneux. La chasse aux sans-papiers qui sert d'entrée en matière est d'ailleurs plutôt bien menée.

La mise en scène n'est pas exceptionnelle mais il capte assez bien la chaleur naturelle des lieux tout en transcrivant la précarité – mur béton, paille, morceau de bois – du décorum. De même, il met suffisant d'allant à ses phases brutales pour donner un peu de punch.
Les personnages sont quand même totalement interchangeables si ce n'est le groupe de renégats old school-kitsch et l'ancien prisonnier. Dommage que les héros soient si insipides, devenant simplement de la chair à voyous. Le casting est dans l'ensemble assez mauvais, il faut l'admettre.

Au final, cette série B assez typique de Tun Fei Mou n'a guère d'attraits puisqu'il abandonne son background pour une exploitation touffue mais sans percutant.
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