3 CORTES   -   3 Cortes
 
Annee
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2006
0h54
Fábio Castro - Fernando Pavão - José Salles - Luis Sorrentino - Mara Vanessa Prieto - Marina Anlop - Nicolas Trevijano

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Critiqué par CAMIF le 11/10/2011 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par CAMIF
195 critique(s)
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Tous ces courts-métrages semblent avoir une vingtaine d’années de retard. A la fin des années 80 ou au début des 90’s, ils auraient certainement fait illusion. Aujourd’hui, devant la déferlante de morbidités pelliculaires, ils semblent juste prématurément usés et vieillis.
Néanmoins, les fans fou furieux de trash et de gore peuvent y jeter un oeil. C’est court et ça peut faire passer le temps.
 
Le cinéma d’horreur brésilien est pour ainsi dire quasi-inconnu de ce côté-ci de la planète. Il se résumerait presque à un seul nom, celui de l’increvable réalisateur José Mojica Marins et son alter ego Zé Do Caixao alias Coffin Joe. Près de cinquante ans de carrière, ça force le respect, on en profite d’ailleurs pour conseiller, à nouveau, la vision de son dernier opus, le formidable «Embodiment of Evil» (un des meilleurs films d’horreur de ces dix dernières années).

Bien. Une fois ceci dit et dans une louable volonté de meubler comme il peut sa chronique à la manière d’un bûcheron suédois perdu dans un magasin Ikea, le chroniqueur reprend sa diatribe sur 3 Cortes en déroulant chacun des courts-métrages qui le compose.

* Sozinho Aka Alone (9 minutes)

Un homme s’endort devant sa télévision. Il décide d’appeler une jeune femme qu’il a rencontré dans un magasin de disque. Elle l’invite chez lui et le reçoit de manière plus qu’engageante. Allongé sur le lit, il regarde la fille se masturber debout sur son ventre. Une fois l’orgasme venu, elle lui écrase le ventre, ce qui le fait vomir. Puis elle lui frappe férocement la tête à coups de pied et enfin elle se saisit d’un sabre caché sous son lit et lui découpe et les jambes... et les jambes, et les bras....et les bras, et là tête... alouette !

Sans dialogues et sans justification, Sozinho déroule son histoire jusqu’à une séquence finale fait inévitablement penser au guilleret «Guinea Pig : flower of flesh and blood», en moins méchant tout de même, notamment à cause de sa courte durée. Néanmoins, cela reste efficace et les effets spéciaux sont largement crédibles. On notera aussi une mise en scène un tantinet travaillée, ce qui ne gâche rien.

* Coleção de Humanos Mortos Aka Dead Human Collection (environ 25 minutes)


Un fondu de première a comme fantasme de faire souffrir et de recevoir en retour d’autres types de souffrances. Une sorte de sado-maso de l’extrême donc.
Tiraillé par des démons intérieurs, représentés à l’écran par trois entités, une femme en tenue SM, un homme au visage démoniaque et un autre homme au visage à moitié défigurée et rigolant comme une hystérique.

Simple dans son concept, on assiste aux exactions de la brute sur trois de ces victimes, une jeune femme qui finira scalpée et un couple dont la femme sera violée (sous les yeux de son compagnon comme il se doit). L’homme en question sera tué et la donzelle embarquée dans l’antre du tueur où elle subira tortures psychologiques et physiques «classiques» dans ce type de production (arrachage d’ongles, couteau qui lacère les chairs, clous dans les mains etc.).

Inutile, là aussi, de chercher une originalité fondamentale à l’intrigue, il n’ y en a pour ainsi dire aucune, ce court reposant sur la volonté d’en monter un maximum en matière de gore malsain. Le souci étant justement que tout cela reste peu extrême dans la représentation des sévices infligés, tout en ayant un air de déjà-vu trop visible. Comme, en sus, l’un des démons est affligé d’un rire extrêmement pénible sur la longueur…on n’en gardera pas un souvenir ému.
Les amateurs d’atrocités filmiques risquent de rester sur leurs faims, ce qui est balot vu que c’est quand même la cible évidente de ce court.

* 06 Tiros, 60 ml Aka 06 Balles, 60ml (une quinzaine de minutes)

Une transaction autour d’une quantité importante de drogue tourne à la bataille rangée. Un des dealers reçoit une balle en pleine tête et se réveille dans un hôpital qu’il ne connaît apparemment pas. Problème supplémentaire, ce dernier est infesté de créatures sans visages et peu primesautières.
A la manière d’un survival-horror vidéo-ludique, notre homme va passer de couloirs en couloirs, de salles en salles pour buter les vilains monstres de différentes manières. Flingue, feu, hache, objets contondants dans le seul but de «gorifier» l’ensemble. Pas si mal que cela d’ailleurs, même si c’est loin d’être spectaculaire et que cela reste fort éloigné d’un film gore à la sauce teutonne genre «Premutos» ou «The Burning Moon».
Nanti d’un twist final convenu qui n’est qu’une tentative de donner un poil plus d’ampleur à une intrigue souffreteuse, 06 Tiros 60 ml, n’est qu’un énième court de plus dans le monde étrange des pellicules aux tripailles fumantes et sanguinolentes . Pas honteux, mais pas inoubliable, loin s’en faut.


* Epilogue ( deux minutes et des poussières )

Dans un sous-sol, une jeune demoiselle est attachée, les mains au-dessus de la tête, à une sorte de grosse canalisation. Un homme arrive et lui écrase sa cigarette allumée sur le cou, puis sur la naissance des seins, enfin il approche le tison ardent de son œil qu’il maintient ouvert avec son autre main. Juste avant l’instant fatidique de la rencontre, l’image est remplacée par un panneau publicitaire de santé publique qui nous indique ? Qui nous indique ? Vous le saurez en le visionnant ! Sachez seulement que l’on navigue en plein humour (très) noir.
Simple et de bons goûts donc.

Au final et c’est tout de même triste à dire, mais c’est l’épilogue qui s’avère être le meilleur segment de 3 Cortes. Sozinho mérite également les encouragement du jury.
Les deux autres segments possèdent tous quelques moments «amusants», mais l’ensemble sent amèrement le réchauffé.
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