MOON   -   Moon
 
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2009
1h37
Sam Rockwell - Robin Chalk - Gertry le robot - Dominique McElligott - Kaya Scodelario -Benedict Wong

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Critiqué par CAMIF le 23/07/2011 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par CAMIF
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Ultra-référentiel, Moon est une expériences visuelle, métaphysique et psychologique qui vaut avant tout pour le jeu de son acteur principal. Rares sont les premiers films qui sont aussi aboutis.
 
Sam Bell commence à perdre pied avec la réalité, son isolement lui pèse, il aperçoit des images étranges de lui-même sur un téléviseur, les messages de sa femme semblent contenir de brusques modifications et il commence même à voir des choses qui ne sont pas là.
Un jour vaquant à ses occupations à l’extérieur de la base, il devient la proie d’hallucinations qui le distraient, il subit un accident, perd connaissance et se réveille mystérieusement à l’intérieur de celle-ci… mais il n’est plus seul. Les cloches de l’enfer s’abattront-elle sur Sam Bell ?

« Moon » met en branle un grand nombre de concepts traditionnels d’une certaine science-fiction s’appuyant sur la stimulation intellectuelle. L’expérience sur l’homme, la folie qu’engendre l’isolement, les relations homme-machine, la découverte de nouvelles énergies, une tentative de montrer le futur tel qu’il pourrait être, mais aussi les relations viciées entre employeur et employé. Pour faire un rapprochement avec la littérature du même genre, « Moon » se rapproche d’écrivains tels que Théodore Sturgeon, Ray Bradbury ou Kurt Vonnegut. L’homme est au centre de tout, l’intrigue s’appuie donc sur lui, ce qu’il ressent, ce qu’il fait, ce qu’il pense, ce qu’il devient.

On ne peut s’empêcher de tirer un grand coup de chapeau à la prestation de Sam Rockwell, un acteur largement sous-estimé, qui tient l’écran à lui tout seul sur toute la durée du film. Quasiment un one-man show où il nous offre, avec talent, toute une palette d’émotions allant de la colère à l’angoisse, en passant par le comique, la tristesse et on en passe. L’empathie entre lui et le spectateur est donc quasi totale, ce qui n’est pas une mince performance.

A ses côtés, le «personnage» de Gertry, robot de son état, au bras articulé et qui affiche ses émotions par l’apparition sur son écran de smileys, sert de contrepoids à la descente aux enfers de Sam. Malgré la monotonie mécanique de ses dialogues, il est le seul à rester « humain » de bout en bout. Une sorte de HAL de « 2001 », mais sans la volonté de prendre le contrôle de l’homme. Son exact opposé en quelque sorte.

Impulsé par une magnifique musique de Clint Mansell («Requiem for a dream», «Black Swan», «The fountain» ), « Moon » déroule son intrigue en stimulant l’intellect par les grands thèmes qu’il aborde. Il ne prend jamais le spectateur pour un crétin à qui il faut prendre la main pour le conduire jusqu’au dénouement. On a d’ailleurs une envie folle de le revoir immédiatement, histoire de remettre en place les interrogations qu’il porte une fois le fin mot de l’histoire connue.

La seule légère critique que certains feront au long-métrage, c’est son manque de dynamisme. Or à une époque où la vitesse semble être la condition sine qua non pour attirer un large public, « Moon » fait l’éloge d’une certaine lenteur dans sa mise en place, dans son montage et dans sa mise en scène.

Premier long-métrage de David Jones, qui est le fils de David Bowie (oui, on s’en fout mais c’est pour faire comme tout le monde), « Moon » lorgne vers une SF cérébrale à des années-lumière de la SF « effexicisée» où l’action prend le pas sur la réflexion.
Si vous aimez les films du genre de ceux de Michael Bay ou Roland Emmerich, qui sont à la SF ce que les livres de Bernard Werber sont à la science et à la littérature ; si vous kiffez votre race devant «Tranformers», «Le jour d’après» ou «2012», un bon conseil lapidaire : Fuyez !
Par contre si votre coeur, votre cerveau, votre cinéphagie vous porte vers des oeuvres comme «Silent Running», «Outland», «Bienvenue à Gattaca» ou «2001, l’odyssée de l’espace», alors vous devriez jeter un oeil à « Moon ».
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